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La RD Congo accepte d'accueillir des personnes expulsées des États-Unis
- Author, Paul Njie
- Role, BBC Africa
- Author, Hafsa Khalil
- Temps de lecture: 4 min
La République démocratique du Congo a accepté d'accueillir les migrants expulsés des États-Unis qui ne sont pas eux-mêmes congolais, dans le cadre d'un accord entré en vigueur ce mois-ci, ont indiqué des responsables.
Le ministère de la Communication a déclaré qu'un système d'accueil temporaire avait été mis en place, tandis que des structures destinées à héberger les arrivants avaient été sélectionnées dans la capitale, Kinshasa.
Un « soutien logistique et technique » sera fourni par les États-Unis, a indiqué le communiqué publié dimanche, précisant que le gouvernement congolais n'aurait aucun coût financier à supporter dans le cadre de ce dispositif.
Le gouvernement n'a pas précisé combien de personnes expulsées il accepterait. Les États-Unis ont déjà envoyé des personnes expulsées vers plusieurs autres pays d'Afrique dans le cadre de la répression menée par Washington contre l'immigration.
Face aux craintes que des migrants puissent être renvoyés dans leur pays d'origine – où certains redoutent d'être persécutés –, les autorités congolaises ont déclaré qu'aucun transfert de ce type n'était prévu.
La décision d'accueillir ce que l'on appelle des migrants de pays tiers – c'est-à-dire ceux qui ne proviennent ni du pays d'origine ni du pays d'accueil – s'inscrit dans l'engagement de la République démocratique du Congo en faveur de la dignité humaine, de la solidarité internationale et de la protection des droits des migrants, indique le communiqué.
Les autorités congolaises ont également précisé que ce dispositif ne constituait pas un « mécanisme de relocalisation permanent ni une externalisation des politiques migratoires ».
La BBC a contacté le Département d'État et le Département de la Sécurité intérieure à Washington pour obtenir des commentaires, mais n'a pas encore reçu de réponse.
Depuis son arrivée au pouvoir en janvier dernier, l'administration du président Donald Trump a expulsé des dizaines de personnes vers des pays tiers dans le cadre de sa politique d'immigration intransigeante.
Les défenseurs des droits de l'homme ont condamné cette politique, certains remettant en cause sa légalité.
La République démocratique du Congo rejoint d'autres pays du continent, notamment l'Eswatini, le Ghana et le Soudan du Sud, dans l'accueil de personnes expulsées des États-Unis.
La semaine dernière, huit personnes originaires de différents pays africains ont été expulsées vers l'Ouganda.
Selon un rapport minoritaire de la commission des relations étrangères du Sénat américain, l'administration Trump aurait « probablement » dépensé plus de 40 millions de dollars (30 millions de livres sterling) en expulsions vers des pays tiers jusqu'en janvier 2026, bien que le coût total soit « inconnu ».
Les États-Unis ont versé « directement » plus de 32 millions de dollars à cinq pays – la Guinée équatoriale, le Rwanda, le Salvador, l'Eswatini et les Palaos –, a-t-il ajouté.
Les États-Unis négocient également un accord minier avec la République démocratique du Congo afin d'accéder aux vastes réserves de métaux stratégiques de ce pays d'Afrique centrale, tels que le cobalt, le tantale, le lithium et le cuivre.
Sous Trump, les États-Unis ont également facilité la conclusion d'un accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, bien que sa mise en œuvre reste un défi.