"J'espère que la guerre ne reprendra pas, mais je crains que ce soit le cas" : les Iraniens inquiets après l'échec des négociations

Crédit photo, Getty Images
- Author, Ghoncheh Habibiazad
- Role, Journaliste senior, BBC News Persan
- Temps de lecture: 4 min
Le fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran est de plus en plus fragilisé après l'échec des pourparlers de paix au Pakistan.
L'armée américaine a annoncé le blocus des navires quittant les ports iraniens, tandis que Téhéran a menacé de représailles contre les ports de ses voisins du Golfe.
Les Iraniens suivent la situation avec prudence, craignant une reprise des hostilités.
"Je croyais vraiment qu'ils allaient conclure un accord", a indiqué un jeune homme d'une vingtaine d'années à Karaj, ville proche de Téhéran.
"Je pense que la guerre va reprendre demain, la semaine prochaine ou très prochainement", a-t-il ajouté.
En Iran, les autorités ont imposé un black-out internet depuis plus de six semaines, rendant difficile tout contact avec la population.
Les autorités iraniennes invoquent souvent des raisons telles que la "protection du pays contre les cyberattaques" pour justifier ces restrictions d'accès à internet.
BBC News Persan a pu s'entretenir avec plusieurs Iraniens, tous opposés au régime actuel. Leurs opinions ne représentent pas l'ensemble de la société iranienne.

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"J'espère que la guerre ne reprendra pas, mais je crains que ce soit le cas », confie un homme d'une vingtaine d'années à Téhéran. Il explique qu'il tente de rester occupé pour ne pas "perdre la tête".
Une femme du même âge essaie toutefois de rester optimiste.
"Maintenant que la situation est plus calme, je vais bien, mais j'espère que [la guerre] prendra fin bientôt", dit-elle.
"J'espère que l'internet sera rétabli. J'espère qu'ils négocieront et parviendront à un accord, car si la guerre se poursuit, ce ne sera pas bon du tout pour le peuple iranien."
De nombreux Iraniens ayant contacté la BBC pendant le conflit ont exprimé leur frustration face au manque d'accès à internet.
Selon eux, cela limite non seulement l'accès à des informations fiables, mais cause également d'importants dommages à de nombreuses entreprises.
"Personne ne gagne", déplore un homme à Téhéran, créateur de contenu. "Mes économies peuvent me faire tenir au maximum deux mois, mais ensuite je serai à court d'argent."
"Je me sens mieux qu'au moment où [les États-Unis et Israël] nous bombardaient, mais je suis très inquiet", confie un autre homme d'une vingtaine d'années.
"Même s'ils concluent un accord, avec cette économie en ruine, la vie sera très difficile. J'espérais qu'un accord serait trouvé, mais aujourd'hui, il y a ce sentiment d'inquiétude persistante."
Un homme d'une trentaine d'années à Karaj estime que le président américain Donald Trump est peu susceptible de faire des concessions pour parvenir à un accord, en raison des élections de mi-mandat prévues en novembre aux États-Unis.
"C'est mon opinion personnelle, mais je ne pense pas que les États-Unis reculeront", dit-il. "Tout recul leur ferait perdre les élections."
Un autre homme, en colère après la mort de manifestants antigouvernementaux en Iran en janvier, estime qu'il est inutile de négocier avec la République islamique - qu'il qualifie de "meurtriers des enfants de ce pays".
"Je n'oublierai jamais ces nuits où ils tiraient dans les rues, sous mes yeux", ajoute-t-il.
Les forces de sécurité iraniennes ont lancé en janvier une répression sans précédent contre les manifestants antigouvernementaux, faisant au moins 6 508 morts et 53 000 arrestations, selon l'Agence de presse des militants des droits humains (Hrana), basée aux États-Unis.
Le chef de l'Organisation iranienne de médecine légale a indiqué que les autorités avaient identifié les corps de 3 375 personnes tuées lors de la guerre récente.
Aucune date n'a encore été fixée pour un nouveau cycle de pourparlers de paix entre Téhéran et Washington, et les Iraniens font face à un avenir très incertain.
























