Burkina : les acteurs de la crise

Le Régiment de sécurité présidentielle du Burkina Faso (RSP) a évincé le gouvernement intérimaire du président Michel Kafando et l'a remplacé par une junte appelée Conseil national pour la démocratie (CND).

La junte a accusé le gouvernement de la transition qui devait prendre fin avec les élections générales du 11 Octobre prochain de "mauvaise gestion". Le gouvernement de transition a été formé après le départ de l'ancien président Blaise Compaoré à la suite d'une insurrection populaire en Octobre 2014.

Le RSP, qui était important sous M. Compaoré, a eu une relation difficile avec les autorités de la transition. Le 14 Septembre, une commission gouvernementale a recommandé la dissolution du RSP.

Voici un bref profil des personnalités et des groupes clés impliqués dans la crise qui secoue le Burkina Faso depuis le coup d'Etat du 17 septembre.

Gilbert Diendéré, président du CND, chef de la junte militaire

Gilbert Diendéré, président du CND, chef de la junte militaire

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Il a été désigné président du Conseil National de la démocratie (CND) par les éléments du Régiment de Sécurité Présidentiel qui ont pris le pouvoir le 17 Septembre 2015.

Bras droit de Blaise Compaoré depuis plus de 30 ans, le général de brigade est l'officier qui avait annoncé aux Burkinabè via la télévision nationale le coup d'Etat qui a porté au pouvoir Blaise Compaoré le 15 Octobre 1987 après l'assassinat du leader révolutionnaire Thomas Sankara.

Il a contribué à la formation du Régiment de Sécurité Présidentiel en 1995 et a agi comme son chef de facto jusqu'à la perte du pouvoir de Blaise Compaoré.

Son épouse, Fatoumata Diallo Diendéré, était un député du parti au pouvoir, le Congrès pour la Démocratie et le progrès (CDP) dont elle est la vice-présidente. Elle fait partie des personnalités interdites de participer aux prochaines élections.

Moumina Cherif Sy, président du Parlement de Transition

Moumina Cheriff Sy, président du Parlement de Transition (CNT)

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Il est le président du parlement de transition.

Il s'est vigoureusement opposé au coup d'Etat et s'est autoproclamé président par intérim.

Moumina Cherif Sy a exhorté ses compatriotes, en particulier le chef d'état-major et les chefs du personnel des diverses régions militaires de "prendre immédiatement des mesures pour veiller à ce que cet acte de trahison soit arrêté".

Journaliste de profession, M. Sy a également été pressenti pour la présidence par intérim du pays après la démission forcée de M. Compaoré.

En 1990, M. Sy a fondé le journal Bendre, qui a effectué des éditoriaux percutants et glorifié les idéaux du coup d'Etat de 1983 qui a amené le chef militaire charismatique, Thomas Sankara, au pouvoir. Sankara a été tué lors du coup d'Etat d'Octobre 1987 conduit par M. Compaoré.

Michel Kafando, Président de la Transition

Michel Kafando, Président de la Transition

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Président de la transition depuis novembre 2014, Michel Kafando est un diplomate de carrière.

Il a servi en tant qu'envoyé spécial du Burkina Faso à l'ONU entre 1981 et 1982, et ministre des Affaires Etrangère jusqu'en 1983. Il a servi plus tard comme l'émissaire de l'ONU de 1998 à 2011, quand il a pris sa retraite.

Le 17 septembre 2015, il a été initialement détenu dans le palais présidentiel de Kosyam, mais la junte l'a libéré plus tard dans le cadre des négociations de paix.

Lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida, Premier Ministre de la Transition

Lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida, Premier Ministre de la Transition

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Premier ministre de la transition, le lieutenant-colonel Zida était le commandant adjoint du RSP lorsque M. Compaoré a été évincé du pouvoir.

Immédiatement après, le lieutenant-colonel Zida a pris la tête de l'Etat avant d'être pressé de remettre le pouvoir à M. Kafando en novembre 2014. Il a ensuite été nommé Premier ministre par intérim.

Depuis, il a eu des relations houleuse (ou tumultueuses) avec les membres du RSP, qui le considèrent comme un ‘’traître’’.

En décembre 2014, les éléments du RSP ont perturbé une réunion de son cabinet et a exigé des garanties sur la non-dissolution de l'unité, le paiement des primes et la démission de Théophile Nikiema, qui avait été nommé conseiller militaire à la présidence. M. Nikiema est un allié du lieutenant-colonel Zida. Une manifestation similaire a eu lieu en Février.

Le Balai Citoyen

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C'est un groupe de la société civile qui a été au centre des manifestations de 2014. Il a été créé en 2013 par deux musiciens - Karim Sama et Serge Bambara (populairement connu par leurs noms de scène Sams'K Le Jah et Smockey respectivement).

Le Balai Citoyen a activement mobilisé les citoyens qui ont rejeté le projet de modification de la constitution pour permettre à Blaise Compaoré de se représenter.

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Le groupe a appelé à la "résistance populaire" dans chaque quartier contre la "milice RSP".

Depuis le soulèvement de 2014, le Balai Citoyen a exigé le démantèlement du RSP et d'autres vestiges de l'ère Compaoré.

Le mouvement cherche à propager les idéaux de Thomas Sankara.

Le lieutenant-colonel Joseph Moussa Coulibaly Céleste

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Le lieutenant-colonel Coulibaly est le chef du Régiment de Sécurité Présidentiel.

M. Coulibaly a accompagné Blaise Compaoré en exil avant de rentrer pour rejoindre le RSP dont il a pris la tête du RSP en février à 2015.

Il était en formation en France depuis Août à l'académie militaire de Saint Cyr.

Le lieutenant-colonel Mamadou Bamba,

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Aux premières heures du coup d'Etat, il en était le seul visage.

Le lieutenant-colonel Mamadou Bamba, membre du Régiment de sécurité présidentielle, a annoncé le 17 septembre 2015 à la télévision nationale burkinabè qu'un nouveau "Conseil national de la démocratie" (CND) a remplacé les autorités de transition et que toutes les instances de gouvernances ont été dissoutes.

Son image a fait le tour du monde.

Il a également annoncé la nomination de Gilbert Diendéré comme président du CND.

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP)

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C'est l'ancien parti au pouvoir de M. Compaoré. Il a été formé en février 1996 et a dirigé le pays jusqu'à ce que Compaoré démissionne.

Le parti a subi un revers majeur le 25 août dernier, lorsque la Cour constitutionnelle a exclu certains de ses candidats, y compris son chef actuel et candidat à la présidentielle, Eddie Komboigo. Plus de 40 candidats du CDP aux législatives ont également été disqualifiés.

La loi, adoptée par le parlement intérimaire en avril, disqualifié des politiciens qui ont soutenu la modification de la constitution burkinabè par M. Compaoré pour prolonger son règne de 27 ans.