Libération de Meriam Ishag

Meriam Yehya Ibrahim Ishaga
Légende image, Condamnée à mort pour apostasie, Meriam Yehya Ibrahim Ishaga a accouché de son deuxième enfant en prison

Une Soudanaise chrétienne condamnée à mort pour apostasie a été libérée lundi, a annoncé son avocat.

Alors qu'il allait rejoindre sa cliente, ce dernier a confirmé la libération et déclaré à la BBC qu'il était ravi de cette décision. La condamnation à mort de a été annulée par la cour d'appel, a indiqué l'Agence de Presse Soudanaise (SUNA).

Née d'un père musulman, Meriam Yehya Ibrahim Ishag a épousé un chrétien et a par la suite été condamnée à la pendaison pour avoir refusé de renoncer au christianisme. Le Soudan, dont la population est à majorité musulmane, est régi par la charia. En vertu de cette loi, la jeune femme a également été condamnée à 100 coups de fouet pour adultère, car toute union entre une musulmane et un non-musulman est considérée comme un adultère.

Le cas de cette femme de 27 ans détenue depuis la fin de février, qui a dû accoucher de son deuxième enfant en prison, a suscité l'indignation internationale en Occident et parmi les organisations de défense des droits de l'Homme qui ont exhorté le Soudan à respecter le droit de la femme de choisir sa religion. Soutenant que la jeune femme a toujours été de confession chrétienne, l'ONG Amnesty International avait demandé que cette "odieuse et épouvantable condamnation" soit annulée, et avait réclamé sa libération immédiate.

Le cas de Meriam Yahia Ibrahim Ishag a également ému les leaders politiques et religieux, qui ont appelé à révoquer ce "verdict inhumain". Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a exhorté Khartoum et la justice soudanaise à "respecter le droit fondamental de Mme Ishag à la liberté et à exercer sa religion". La jeune soudanaise est soutenue par les ambassades des Etats-Unis, du Canada, du Royaume-Uni et des Pays-Bas.