Un tribunal belge ouvre la voie à un procès sur l'assassinat, en 1961, du Premier ministre congolais Lumumba

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- Author, Henri Astier
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Un tribunal belge a décidé que l'ancien diplomate, Étienne Davignon, peut être jugé dans le cadre de l'assassinat, en 1961, de Patrice Lumumba, premier Premier ministre du Congo.
Davignon, aujourd'hui âgé de 93 ans, est accusé d'avoir participé à la détention illégale et au transfert de Lumumba, ainsi qu'à des traitements dégradants à son égard. Il était alors stagiaire en diplomatie et est par la suite devenu vice-président de la Commission européenne.
C'est le seul survivant parmi les dix Belges mis en cause dans une affaire pénale engagée par la famille de Lumumba en 2011.
Ce héros de l'indépendance a été exécuté par un peloton d'exécution et son corps a été dissous dans de l'acide.
La Belgique, ancienne puissance coloniale, a reconnu sa responsabilité et présenté ses excuses tant à la famille de Lumumba qu'à la République démocratique du Congo – nom sous lequel le pays est désormais connu.
Le petit-fils du leader, Mehdi Lumumba, s'est félicité de la décision d'un tribunal bruxellois autorisant que Davignon soit jugé. « Nous sommes tous soulagés », a-t-il déclaré à l'agence de presse AFP. « La Belgique affronte enfin son histoire », dit-il. Cette décision est susceptible d'appel.
Lumumba a été nommé Premier ministre après l'indépendance du Congo en juin 1960. Il était l'une des figures de proue du mouvement anticolonial africain.
Bien que la Belgique ait cédé le pouvoir, elle considérait Lumumba comme une menace pour le maintien de son influence économique et politique dans le pays.
Dans un discours célèbre prononcé le jour de l'indépendance, devant des dignitaires belges dont le roi Baudouin, Lumumba, alors âgé de 34 ans, fustigea la Belgique en affirmant que les Congolais avaient été maintenus dans un « esclavage humiliant ».
Il fut renversé par un coup d'État en septembre 1960 et capturé deux mois plus tard. En janvier 1961, avec le soutien tacite de la Belgique, il fut abattu avec deux de ses collaborateurs.
Bien que Lumumba ait nié être communiste, d'autres puissances occidentales se méfiaient également de lui, craignant qu'il ne soit favorable à l'URSS pendant la guerre froide.
Une enquête du Sénat américain menée en 1975 a révélé que la CIA avait comploté pour l'assassiner, bien que le plan n'ait pas été mis à exécution et que Lumumba ait été tué par des forces congolaises soutenues par la Belgique.
























